12 juillet 2021 | Par Par Philippe Jean Poirier

Un esprit sain dans un corps sain, selon Émélie Hébert Poulin

Émélie Hébert Poulin est atteinte d’un trouble d’anxiété et de l’émétophobie (la peur démesurée de vomir). La consultante Web comprend mieux que quiconque l’importance de prendre soin de sa santé mentale et physique dans un contexte de travail autonome.

Militante en santé mentale, elle a décidé d’agir pour promouvoir la nécessité de trouver un équilibre psychologique. Elle a fondé le salon Visages de la santé mentale (VDSM), qui s’est tenu de 2017 à 2019, pour ensuite lancer la start-up de télésanté Filötia santé.

« Ce qui m’apparaît aujourd’hui comme une évidence, c’est qu’il faut arrêter de séparer la santé mentale de la santé globale, dit-elle d’entrée de jeu. Les deux sont indissociables. Un problème de santé mentale peut avoir des impacts sur la santé physique, et vice versa. »

Une expérience marquante


Un épisode de la vie d’Émélie Hébert Poulin le démontre douloureusement. En 2013, elle a enduré pendant plusieurs mois une gastrite « non diagnostiquée », que les médecins attribuaient à des symptômes psychosomatiques découlant de son trouble d’anxiété.

« Il a fallu que je me batte pour trouver un médecin qui voit au-delà de mon trouble d’anxiété et diagnostique le bon problème », explique-t-elle. La détresse vécue pendant cette épreuve a finalement affecté sa santé mentale, puisqu’à la suite du traitement de la gastrite, elle s’est mise à avoir des attaques de panique et des idées suicidaires.

« Lorsque je me suis reprise en main, je me suis promis que personne ne vivrait le même enfer. » En fait, c’est cet événement qui l’a poussée à s’engager publiquement à parler de santé mentale, d’abord sur un blogue, puis en créant le salon VDSM. L’un de ses objectifs était de déboulonner les mythes qui y sont associés.

Déboulonner des mythes, apprendre à s’écouter

À son avis, trop de gens voient les problèmes de santé mentale comme des maladies « de l’âme » contre lesquelles on ne peut rien faire. « Si le cerveau ne fonctionne pas bien, on doit s’en occuper, comme on s’occuperait de n’importe quelle partie du corps. »

Au chapitre de la prévention, l’un des premiers gestes à accomplir est de « s’autoévaluer ». Émélie Hébert Poulin propose de consulter un site comme Espace mieux-être Canada et de remplir un questionnaire de santé mentale. « Ça ne donne pas un diagnostic, mais ça peut mettre la puce à l’oreille si quelque chose ne va pas bien. »

Le travail autonome, explique-t-elle, repose en grande partie sur une culture du plus offrant, où chacun doit faire sa place. « On glorifie le fait de travailler sur plusieurs projets à la fois, sans compter les heures. En tant que travailleur autonome, on doit apprendre à s’écouter et à mettre des limites. »

Quitte à ralentir, quitte à abandonner un projet. La consultante donne l’exemple du salon VDSM, une aventure qu’elle a dû conclure après deux présentations. « Si j’ai arrêté, c’est parce que j’étais en train de me rendre malade à nouveau. »

Cultiver la résilience et adopter de saines habitudes de vie

Au fil des épreuves, Émélie Hébert Poulin a su développer une résilience qui lui est salutaire aujourd’hui. Elle a traversé une année de pandémie à titre de travailleuse autonome sans subir de crise d’anxiété.

« Je ressens du stress et de l’inquiétude comme tout le monde, mais je me suis donné des outils pour faire face à ces situations. »

Elle a aussi recours à de la thérapie axée sur une approche de psychologie positive qui lui convient. « Ça m’aide à rester concentrée sur ce qui va bien plutôt que de me laisser envahir par ce qui ne va pas bien. »

Enfin, elle insiste sur de saines habitudes de vie. « Je ne réinvente rien en disant cela, mais c’est vraiment très important d’adopter de bonnes habitudes de vie, de prendre le temps de marcher, de faire de l’exercice et d’améliorer son sommeil. »

En d’autres mots, cultiver un esprit sain dans un corps sain!

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