07 mai 2021 | Par Pascaline David - 37e AVENUE

Dix trucs pour mieux gérer sa santé mentale

Pour préserver son équilibre psychologique et mieux gérer son stress, le travailleur autonome a avantage à adopter de bonnes habitudes de vie, recommande Éric Provencher, CRHA, psychologue organisationnel et fondateur d’HUMANA Conseil.

Cerner les sources de stress

Lorsque des symptômes de stress apparaissent, Éric Provencher suggère au travailleur autonome de porter une attention particulière aux changements dans ses relations interpersonnelles, son attitude, son apparence physique et son rendement.

« Il faut se demander quelles sont l’intensité et la durée de ces changements, souligne-t-il. C’est bien d’avoir des sautes d’humeur ou le vague à l’âme de temps en temps, mais lorsque c’est persistant, il faut se poser des questions ».

L’autoévaluation permet bien souvent au travailleur autonome de régler des problèmes par lui-même, mais s’il souffre d’anxiété chronique ou de dépression, il ne doit pas hésiter à consulter un professionnel pour obtenir une aide psychologique adéquate.

Intervenir sur la source de stress directe

Lorsque la source de stress est connue, une sorte de paralysie peut s’installer, selon Éric Provencher. Plutôt qu’agir pour remédier à la situation, le travailleur autonome ne fait rien. Or, mieux vaut tenter de résoudre le problème rapidement.

Par exemple, si la relation avec un client est compliquée, il est possible de demander conseil à un collègue qui pourrait avoir vécu une expérience similaire.

Canaliser son énergie

Lorsque le travailleur autonome se sent envahi par les émotions, certaines activités peuvent l’aider à les maîtriser. La pleine conscience est suggérée, ou même un entraînement physique régulier.

« Je crois beaucoup à l’importance de prendre soin de soi, dit Éric Provencher. Pour cela, il faut connaître ce qui nous fait du bien dans la vie pour canaliser son énergie et éviter de tomber dans une spirale négative. »

S’entourer

L’un des défis du travailleur autonome est de surmonter la solitude, voire l’isolement. Pour le psychologue organisationnel, ce n’est pas le nombre, mais la qualité des relations qui est importante. Ainsi, s’entourer de quelques amis est fondamental. Cela est bien sûr plus compliqué en temps de pandémie, mais les rencontres par visioconférence ou les conversations téléphoniques peuvent apporter un certain réconfort.

Trouver du sens

« Comme travailleur autonome, on peut se faire amener n’importe où par nos clients », remarque Éric Provencher. « Il est important de savoir pourquoi on fait les choses et quels sont les mandats qu’on apprécie plus ou moins. »

Il suggère toutefois de mener cette réflexion graduellement et non pas de remettre en question toute sa vie professionnelle d’un seul coup, car une telle démarche serait contre-productive.

Réguler sa charge de travail

Gérer son volume d’affaires peut aussi être une source de stress pour le travailleur autonome. Il peut être difficile de dire « non » à un client, même lorsqu’on est submergé de travail, par peur de manquer de contrats le mois suivant.

Avoir un réseau de soutien et mettre en place un système d’échanges de mandats sont de bons moyens de pallier cette difficulté.

« Quand on est trop occupé, le fait de pouvoir déléguer un mandat ou une mission à des collègues, selon une entente définie, c’est très utile », commente Éric Provencher.

Se développer

Le travailleur autonome a également intérêt à acquérir de nouvelles compétences ou développer celles qu’il possède déjà. Cela lui permet de se sentir davantage en contrôle, selon Éric Provencher, et donc de réduire son stress ou son anxiété.

Il peut être judicieux de lire des magazines spécialisés pour se tenir au courant de l’actualité de son domaine d’expertise, ou bien d’assister à des conférences en ligne.

Mettre ses idées sur papier…

« Il arrive que l’on ait tellement de choses dans la tête qu’on peut avoir peur d’en échapper, remarque le psychologue organisationnel. Mettre tout ça sur papier permet de faire un premier tri. »

Le fait d’extérioriser peut aider à gérer le stress et réduire l’impression d’être dépassé. Si le travailleur autonome éprouve des problèmes de sommeil parce qu’il pense trop au travail la nuit, il peut également se fixer un rendez-vous mental pour le lendemain matin, afin de réfléchir à un dossier ou à un problème en particulier.

… et planifier

Peu de travailleurs autonomes organisent efficacement leur vie professionnelle, selon les observations de M. Provencher.

« La liberté décisionnelle des travailleurs autonomes implique parfois une impression de manque de structure et d’insécurité qui peut nuire à la santé mentale », souligne-t-il.

Savoir évaluer la charge de travail vient progressivement avec l’expérience et l’essai-erreur. Il faut établir un ordre de priorité, en faisant des listes de tâches quotidiennes, par exemple. Il est aussi possible de planifier les projets à plus long terme, en notant les différentes étapes dans un agenda ou dans un calendrier.

Savoir qui l’on est

Pour entretenir son hygiène psychologique, le travailleur autonome doit prendre conscience de ses pensées et de son discours intérieur : a-t-il tendance à avoir des idées plutôt positives ou bien est-il pessimiste et en proie à des ruminations?

« En comprenant nos réflexes, on peut plus facilement prendre du recul, avance Éric Provencher. Bien se connaître est la clé d’un bon équilibre. »

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